Mardi 30 août 2005
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Extrait de l'interview datant 2001 par Jonathan.
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Introduction
Passionné, inspiré et exigeant, voici les mots qui me viennent à l'esprit à propos d'Ylric Illians. Ylric, c'est un compositeur hors norme qui a pris le temps de se forger une réelle identité. Ce grand fan de Tangerine Dream, Jean-Michel Jarre et Vangelis, multiplie les expériences musicales depuis 20 ans pour notre plus grand bonheur. En retrait par rapport à une musique électronique commerciale, son premier album solo, Mer Celtique, est un véritable bijou. En exclusivité, pour vous, Ylric a répondu à mes questions. Une occasion unique de découvrir l'artiste et de lever le voile sur son prochain album.
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Quels souvenirs gardes-tu de tes débuts, tes premières expériences musicales ?
A mes débuts ! Je me souviens vers l’âge de 6 ans, j’étais attiré par les sons d’un vieux poste de radio à l'abandon chez mes parents. Je m’amusais beaucoup à changer les stations de radio tout en bidouillant une grosse bobine, bref je créais des sons curieux. Puis, vers l’âge de 8 ans, je découvre Jarre avec son album Equinox et là ce fut le déclic pour les sons électroniques. Je me rappelle durant cette période, mes parents m’avaient acheté pour Noël, 2 jouets qui permettaient de réaliser des expériences électroniques, ma grande passion avec ces jouets était de reproduire différents sons. Et, c’est à l’âge de 10 ans, que mes parents m’ont offert un superbe orgue électronique, avec une boîte à rythmes programmable et différents effets spéciaux. A cette époque, en 1980 c’était une superbe machine, c’est à ce moment que j’ai commencé à composer et à réaliser mes premières compositions. Tu te rends compte, à 10 ans, je réalise mes premières auto-productions (sourire). Durant cette période, je m’amusais à l’aide d’un magnétophone à bande et d'un électrophone à réaliser des remix de Jarre. Mes parents ont beaucoup contribué à mon éveil musical ; eux-mêmes, ont été musiciens.
Demain je serai un professionnel ! Qu'est-ce qui provoque le déclic ?
L’idée m'effleure en regardant les concerts en Chine de Jarre. Mais le véritable déclic, je l’ai eu vers l’âge de 14 ans (en 1984) en découvrant Vangelis et par la suite avec Tangerine Dream. A ce moment, je découvris des horizons et paysages sonores différents de Jarre.
Comment réagit ta famille, tes proches à cette annonce ?
Tu sais, annoncé à ta famille que tu veux devenir "Pro"…
Surtout lorsque tu es jeune, ils me disaient d’arrêter de rêver. Qu'il valait mieux continuer mes études, d’avoir un travail stable et continuer la musique comme loisir.
Tu écoutes tes parents ou tu économises pour acheter du matériel ?
Lorsque j’ai eu mon premier job d’été, tout mon argent est passé dans des petits claviers plus une table de mixage de sono. J’essayais de reproduire des sons à la Tangerine Dream ou de Vangelis. Pas évident avec des claviers grands publics à base de synthèse FM. Mais j’ai beaucoup appris avec très peu de choses. En effet, au départ, lorsque tu as 2 YAMAHA PSS et un CASIO SK1 (un minuscule sampler mono), il faut se creuser pour réaliser des titres (rires). Comme sequencer j’avais un Spectrum 128, j’avais réalisé un logiciel midi et avec cela je réalisais toutes mes séquences pseudo FM. Tu ne me croiras pas, j’ai gardé toutes les productions à partir de cette période. Ça deviendra peut-être plus tard des Collectors. (:-D)
Ylric, le compositeur solitaire ?
Pas pour longtemps. Après avoir réalisé une première K7 avec mes 3 petites machines, je rencontre vers l’automne 88, un passionné de Jarre, lui aussi musicien. A partir de cette période, je constitue un groupe qui tournera pendant 4 ans.
Durant ces quatre années, beaucoup de choses bougent. Un troisième membre nous rejoint puis c'est l'arrivée de véritables synthés, du D10 au M1 en passant par le K4, le Poly 800, l'Atari ST, etc. On a beaucoup produit durant ces années. On faisait du pseudo Tangerine Dream
Qu'est devenu ce groupe ?
Vers le milieu 1992, je décide de réaliser mes propres compositions, et la formation s’arrêta à cette date.
Dans quel état d'esprit lorsque tu crées et diffuses tes "maquettes" ?
A chaque projet, je me l’imaginais comme un film, des images circulaient dans ma tête. A partir de celle-ci, je construisais des compositions. Maintenant c’est complètement l’opposé, je fais le vide total dans ma tête et c’est mieux ainsi ;))))
Tu sais, on est toujours fier d’être diffusé la première fois sur une radio locale. Ces premières radiodiffusions m’ont permis d'entrer à la SACEM.
C'est l'heure des premiers succès et des premières rencontres ?
A partir de 1992, et durant 5 années, j’ai énormément composé. J'ai beaucoup appris. Il y a eu beaucoup d’envois de maquettes aux maisons de disques, mais sans réponse. Donc, je me lance dans de petites auto-productions sur K7 avec jaquettes en couleur. Fin 95, je décide de réaliser un album de 55 minutes avec des titres sous diverses influences. Je voulais réaliser un CD CV (sourire). Je le termine en mai 96, et l’envoie à diverses maisons de disque spécialisées dans le New Age et musique électronique. Deux semaines plus tard, l'une d'entre elles me répond et me propose une rencontre en banlieue parisienne. Après cet entretien, je devais trouver un studio pour finaliser le produit.
C'est à ce moment-là que je rencontre une personne très importante (la première) qui va m’enseigner énormément sur le son et l’arrangement : Gérard Demaizière. Il est musicien de studio et compositeur, il a joué avec de nombreuses personnalités. Voici plus de 25 ans qu’il est dans le milieu. Sans cette rencontre, je ne serai pas arrivé là où je suis aujourd’hui. Donc, en août 1996, on enregistre l’album et Gérard participe à certains titres au niveau des guitares. Le produit fini, je le présente à la société. Changement de position, ils ne sont plus du tout intéressés !
Après cette déception, fin 1996 que je décide de réaliser une seconde auto-production beaucoup large. A cette occasion je compose 3 nouveaux titres en plus.
D'où vient ton inspiration ?
Des événements de la vie, des émotions, la nature aussi. Mer Celtique en a été la preuve, il a été réalisé après une rupture sentimentale, ce qui explique le coté romantique et ballade de certains titres. Le tout en m’inspirant de la culture Celte. J’ai constaté une particularité pour cet album, il y a beaucoup de femmes qui l’apprécient. Tant mieux ! Il faut savoir que Mer Celtique a été réalisé en 4 mois. Mais mon inspiration peut démarrer à partir d’un groove.
LA SUITE SUR : www.ylric-illians.com
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